Le recrutement externe 2017 examiné à la loupe

Article : Peter Rombaut - Photos : DG-HR, DG-Com

Au sein de la Division Gestion de la DG HR, la section Recrutement et Sélection est chargée d’attirer et de sélectionner des jeunes qui souhaitent faire carrière à la Défense. Ces jeunes passent une série de tests de sélection et les postulants les mieux classés se voient finalement attribuer un poste vacant.

Nous devons garantir ce flux entrant de nouvelles recrues motivées afin de pouvoir accomplir nos missions. C’est pourquoi la Défense ouvre chaque année de très nombreuses places. En 2017, il s’agissait de 130 places vacantes pour officiers, de 600 places pour sous-officiers et de 430 places pour volontaires.

Viser haut pour atterrir en toute sécurité

Notre objectif: pourvoir la totalité des postes vacants à la fin de l’année de recrutement. Nous remarquons malheureusement qu’une partie des candidats quittent rapidement la Défense. Pour compenser cette perte, nous augmentons le nombre de places vacantes par rapport au plan initial de manière à atteindre, à la fin de l’année de recrutement, les objectifs fixés, et ce, compte tenu des départs prématurés. En outre, nous mettons tous les moyens en œuvre pour faire connaître la Défense auprès des jeunes. Les centres d’information visitent activement différentes écoles en vue de susciter l’intérêt des jeunes, les unités organisent régulièrement des journées de découverte et des job days, et nos partenariats avec le VDAB, le FOREM et ACTIRIS sont exploités de manière optimale.

Inscriptions en recul

En 2017, le nombre de postulants a diminué (voir graphique 1). Dans le statut BDL, il n’est possible de postuler que jusqu’à 26 ans au lieu de 34 ans, ce qui explique qu’une partie des postulants potentiels n’entrent plus en ligne de compte pour un emploi à la Défense. Ce fait est responsable à lui seul d’une diminution de près d’un cinquième du nombre de postulants. Il est difficile de déterminer quels sont les autres facteurs externes qui ont contribué à cette diminution, mais il est possible que le débat sur les pensions, l’incertitude quant à la fermeture ou non de casernes, le manque de campagnes de recrutement dans les médias, une reprise de la croissance économique avec l’augmentation des offres d’emploi qui y est liée, aient eu une influence sur les chiffres.

La diminution du nombre d’inscriptions s’est principalement fait sentir dans la catégorie des volontaires. La catégorie des sous-officiers a, elle aussi, connu une diminution du nombre d’inscriptions mais, en comparaison avec 2016, nous avions ouvert deux fois plus de places pour cette catégorie. En 2017, nous recherchions en effet 260 sous-officiers de plus que l’année précédente.

On observe également dans le graphique 1 un creux en 2015. Mais, dans ce cas, il y avait une explication logique à ce faible nombre de postulants: le gel des recrutements imposé qui a principalement touché la catégorie des volontaires. L’augmentation du nombre d’inscriptions en 2016 par rapport à 2015 s’inscrit donc dans la tendance générale de ces dernières années.

Evolution des inscriptions recrutement externe 2008 – 2017

Mission accomplie, mais…

Et pourtant, la Défense est parvenue, avec le nombre de postulants qui se sont présentés en 2017, à incorporer 141 officiers, 616 sous-officiers et 602 volontaires.

Nous constatons toutefois que toutes les places vacantes n’ont pas suscité le même engouement. Pour de nombreuses places vacantes, les inscriptions étaient largement suffisantes, mais d’autres places vacantes ont suscité trop peu d’intérêt pour, au final, être pourvues. De ce fait, des manques sont apparus. Pour les compenser, davantage de postulants ont été incorporés pour les places vacantes qui avaient suscité suffisamment d’intérêt.

Pour les officiers, ce sont principalement les places vacantes dans le domaine médico-technique (médecins, dentistes, pharmaciens) qui n’ont pas été pourvues, tandis que les places vacantes techniques pour les sous-officiers n’ont à peine été pourvues que pour moitié. Les fonctions logistiques pour cette catégorie de personnel ont également insuffisamment été pourvues. Pour les volontaires, les places vacantes techniques et les fonctions à la Marine ont été très difficilement pourvues, ce qui n’est toutefois pas tout à fait illogique. Cette tendance se remarque en effet également en milieu civil où il est aussi de plus en plus difficile de pourvoir des fonctions techniques.

Pourcentages d’inscriptions femmes postulants 2008 – 2017

Les femmes postulants

Nous concevons encore trop souvent le métier de militaire comme un métier typiquement masculin, alors que toutes les places sont également ouvertes aux femmes. Pour changer cette image, de très nombreuses initiatives ont vu le jour dans le courant de l’année 2017 afin d’attirer davantage de postulants féminins. Etant donné que ces campagnes ont eu lieu à l’automne, leur véritable impact ne sera visible qu’au cours de l’année de recrutement 2018. Toutefois, l’année 2017 a enregistré le pourcentage d’inscriptions de femmes le plus élevé de ces dix dernières années (graphique 2). Une évolution positive que nous espérons pouvoir accentuer au cours des années à venir.

Les différences entre les catégories de personnel sont grandes. Alors que chez les officiers, environ 1 postulant sur 5 était une femme, ce ratio n’était que de 1 postulant sur 7 chez les sous-officiers et de 1 sur 14 chez les volontaires.

Et l’avenir dans tout cela ?

Pour l’année de recrutement 2017, le défi consistait à faire preuve de la flexibilité et de la créativité nécessaires pour incorporer et conserver le nombre voulu de militaires. Mission accomplie donc. Il ne faut cependant pas tomber dans l’euphorie. Il s’est avéré très difficile de pourvoir certaines places vacantes spécifiques comme les fonctions techniques et logistiques. De ce fait, les besoins de la Défense n’ont pas complétement été rencontrés. En outre, presque tous les postulants qui se sont présentés et se sont avérés aptes ont été incorporés à l’issue du processus de sélection. Par le passé, nous avions souvent plus de postulants aptes que de places vacantes, ce qui permettait de verser une partie de ces postulants dans la réserve de recrutement. Cela n’a quasiment pas été le cas en 2017.

En 2018, le défi sera encore plus grand: il y aura encore davantage de places vacantes (160 places vacantes pour les officiers, 611 pour les sous-officiers et 810 pour les volontaires). Bien que le nombre d’inscriptions soit déjà aujourd’hui plus élevé qu’en 2017, nous avons besoin de militaires qui parlent avec enthousiasme de leur métier et de leurs tâches en tant que militaire. Ils sont nos ambassadeurs et ils constituent donc la clé du succès en matière de recrutement.