Comment l’ERM résiste à la crise du coronavirus

Lieve DEDUYTSCHAEVER

Le 13 mars, la nouvelle surprenante tombait: le pays entrait en mode confinement « light ». Du jour au lendemain ou presque, l’ERM a dû passer au travail et à l’enseignement à distance. Tout comme dans la plupart des unités au sein de la Défense, il existe à l’ERM une culture de contacts en face à face, de présence obligatoire sur le campus et de réunions en présentiel. En un clin d’œil, nous avons dû changer du tout au tout notre manière de vivre et de travailler … un véritable « stress test » pour l’école!

Tous sur le pont donc pour éviter que l’année scolaire des élèves et stagiaires ne tombe à l’eau. Ce fut un véritable tour de force mais avant la fin de la première “semaine corona”, tous les étudiants avaient accès à leurs courriels, à Skype for Business, à la plate-forme de cours en ligne BelADL et ils étaient complètement opérationnels depuis chez eux.

Les mesures corona ont un impact important sur nos étudiants en bachelier et en master. Les cours ne sont pas uniquement donnés en ligne, nous attendons également d’eux qu’ils fassent preuve de la discipline nécessaire pour maintenir le rythme entre étude et sport. Dans des circonstances normales, ils suivent pour ce faire un programme serré du lever au coucher. Même s’ils sont constamment en contact avec le cadre académique et militaire et entre eux à l’aide de divers canaux, il s’agit quand même d’une sacrée adaptation à la nouvelle réalité d’aujourd’hui. Pour les étudiants de dernière année qui travaillent à leur mémoire de master, les travaux de laboratoire ou les études de terrain ne sont soudainement plus possibles. Pour certains, cela a des conséquences importantes pour leur travail de fin d’études. Heureusement, le cadre académique est toujours disposé à examiner avec l’étudiant les options possibles et à procéder aux ajustements nécessaires le cas échéant. La crise a également donné une autre tournure à l’aventure Erasmus de certains. Les étudiants Erasmus étrangers sont rentrés chez eux. La plupart de nos étudiants sont rentrés de l’étranger et la poursuite du programme Erasmus demeure garantie, mais depuis le pays d’origine de chaque étudiant.

Avec la fin de l’année scolaire en vue, nous avons également dû faire preuve d’inventivité dans notre manière d’évaluer. La défense des travaux de bachelier se fait à l’aide de Skype for Business. Celle des mémoires de master se fait sur le campus, mais uniquement en présence de l’étudiant, de son promoteur et du jury. Tous les examens se font par écrit, en dehors des heures de pointe des transports en commun et sont étalés dans le temps et l’espace, dans le respect des mesures sanitaires strictes et de distanciation sociale. En vue d’éviter que trop d’étudiants ne soient présents simultanément, le calendrier des examens inclut également le week-end. Seuls les étudiants étrangers et les “living-in” peuvent encore loger sur le campus en chambre individuelle, les autres ne peuvent demeurer sur le campus que pour la durée de l’examen.

Le programme des formations continuées a également été totalement modifié pour faire en sorte que les stagiaires puissent étudier à distance. Seule exception à cette règle: une série d’exercices dirigés pour les stagiaires Terre de la FCOS, le ‘deuxième cycle’, et pour les stagiaires du cursus supérieur d’administrateur militaire. La défense des “research papers” des stagiaires du ‘troisième cycle’ se déroule sur le campus, mais là aussi l’ERM accorde une attention particulière aux mesures d’hygiène et de distanciation sociale.

La crise engendrée par le coronavirus a également un impact sur nos futurs élèves. Les examens d’entrée pour l’année académique prochaine sont adaptés en raison des mesures prises par les autorités. Les régimes linguistiques ont été séparés et les examens d’entrée ont été étalés sur plusieurs jours. Une partie des candidats ne passeront les tests de sélection restants qu’après l’examen d’entrée. L’examen d’entrée pour les candidats médecins et dentistes est déplacé à la fin août. Pour pouvoir quand même tester et sélectionner un maximum de candidats, le début de l’année académique est reporté du 17 au 31 août. De ce fait, la PIM sera étalée sur quatre semaines en septembre, une série d’activités de week-end et une partie pendant le camp d’hiver.

Toutefois, cet été aussi, les élèves de l’ERM partiront en camp d’été. Afin de ne pas contrevenir aux règles de distanciation sociale, le départ des différentes promotions sera étalé sur deux jours. Une fois sur place, les élèves resteront éloignés autant que possible les uns des autres et logeront dans des tentes individuelles et des blocs de logement. Toutes les activités non essentielles ont été supprimées du programme afin de réduire les risques. C’est la raison pour laquelle le grand exercice de synthèse à la fin de la période de camp n’aura pas lieu. Le cours aide instructeur d’éducation physique est abordé de manière totalement différente cette année. Les élèves ne partent pas à Eupen, mais suivent une formation Basic Fitness Instructor au sein de l’ERM.

A quoi l’avenir ressemblera-t-il ? Impossible de le dire mais une chose est sûre: l’ERM évoluera, elle aussi, vers une ‘nouvelle normalité’. Malgré la crise du coronavirus, nous observons de très nombreux signes d’espoir. Le cadre académique, militaire et sportif cherche sans relâche des méthodes (d’enseignement) innovantes, tourne des vidéos et aborde très souvent la matière de manière créative. Les étudiants prennent leurs responsabilités, se tiennent mutuellement informés à l’aide de WhatsApp et Messenger, et travaillent avec des calendriers et des documents qu’ils créent et complètent sur Google Docs. A côté de leurs études, de nombreux étudiants prennent sur leur temps libre pour intervenir en tant que volontaires de crise auprès de la Croix-Rouge ou d’autres organisations. Nos médecins en formation ont été, pendant leur stage, en première ligne dans cette guerre contre le virus. Notre médecin scolaire et nos stagiaires médecins de la formation continuée ont également apporté leur pierre à l’édifice dans le cadre de l’engagement de la Défense en soutien à la Nation.

Ils ne choisissent pas la voie la plus facile, mais ils continuent, en tant qu’officiers, à s’impliquer pour évoluer et pour aider les autres, même lorsque la situation se complique. C’est aussi ainsi que nous formons les leaders dont nous avons besoin, aujourd’hui et demain!

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