Relativity applies to physics, not ethics (Albert Einstein)

Philip VAN IMPE

Rassurons d’emblée les lecteurs, cet article ne parle pas de la théorie de la relativité d’Albert Einstein. Il entend, en revanche, approfondir cette fameuse citation du célèbre physicien: “la relativité s’applique à la physique, non à l’éthique ”. Etant donné que le contexte dans lequel Einstein a prononcé cette phrase n’est pas clair, cette citation est devenue un sujet de débats houleux.

Pour une bonne compréhension, il convient de souligner la différence entre éthique et morale. Ces deux termes sont souvent utilisés de manière interchangeable dans le langage courant. Et en règle générale, cela n’altère en rien le sens. Lorsque nous parlons d’“agir de manière éthiquement correcte” et d’“agir de manière moralement correcte”, nous voulons en fait dire la même chose. Et pourtant, il existe bien une différence. L’éthique concerne ce que l’on considère comme bon et ce que l’on considère comme mauvais. La morale, quant à elle, a trait aux valeurs, normes et règles comportementales. L’éthique est une réflexion critique sur la morale. Lorsque l’on parle d’un dilemme éthique, on vise en fait un dilemme moral dans lequel certaines valeurs s’affrontent.

Mais que voulait dire Einstein avec sa citation ?

Einstein voulait-il dire qu’il ne croyait pas en la théorie du relativisme éthique? Pour faire simple, cette théorie affirme que ce qui est considéré comme bon ou mauvais peut varier d’un individu à l’autre ou d’une société à l’autre et peut également évoluer au fil du temps. L’esclavage est un exemple classique. A l’époque de la guerre de Sécession, l’esclavage était considéré comme moralement répréhensible au Nord tandis qu’il était moralement acceptable au Sud.

Nous ne nous prononcerons pas sur le fait qu’Einstein croyait ou non au relativisme éthique. Mais peut-être voulait-il dire qu’indépendamment du contexte culturel, de l’environnement social ou de l’éducation personnelle, certaines choses conservent toujours la même valeur morale. Ainsi, certaines actions sont toujours moralement répréhensibles et d’autres sont toujours moralement correctes. Le parricide n’est-il, par exemple, pas toujours condamnable et l’amour parental n’est-il pas, par essence, toujours bon ?

Le leadership ne doit-il pas toujours reposer sur l’éthique ?

Dans l’esprit d’Einstein, aucun doute n’est possible. Le bon leadership est TOUJOURS moralement responsable. Les leaders qui n’agissent pas de manière morale sont toujours de mauvais leaders. En effet, les gens veulent des leaders intègres qui ne les trompent pas. Malheureusement, les exemples de leaders démasqués pour leur tromperie sont légion. Songeons au président Richard Nixon qui démissionna en 1974 pour éviter une procédure de destitution. Il avait trompé le peuple américain dans l’exercice de sa fonction en continuant à nier son implication dans le scandale du Watergate jusqu’à ce que les preuves soient irréfutables. Plus récemment, en 2001, nous avons assisté à la chute de l’entreprise yproise spécialisée dans la technologie vocale, Lernout & Hauspie. Les deux fondateurs ont été condamnés à une peine de prison pour faux en écriture et falsification des résultats d’exploitation. Ce sont des leaders qui ont trompé leurs employés, leurs actionnaires et la société en général.

Quels sont les principes du leadership éthique ?

Le leadership éthique se définit brièvement comme un leadership qui repose sur des valeurs telles que l’intégrité, le respect et la loyauté. Les leaders éthiques sont des leaders qui agissent de manière moralement correcte. Mais quelles sont les caractéristiques d’un tel leadership? Nombre d’universitaires et de chercheurs se sont penchés sur cette question au cours des dernières décennies. Dans son magistral ouvrage Leadership, Theory & Practice, Peter Northouse décrit les cinq principes du leadership éthique qui font largement consensus.

  • Les leaders éthiques respectent leurs collaborateurs. Ils le font notamment en les écoutant avec attention et empathie, en les impliquant et en faisant preuve de tolérance envers les points de vue opposés aux leurs. Lorsque les leaders respectent leurs collaborateurs, ceux-ci se sentent aussi compétents dans leur travail.
  • Les leaders éthiques servent leurs collaborateurs. Le leadership serviteur a déjà fait l’objet d’un article publié dans le HR Topics 4/2020. Les leaders serviteurs s’investissent pour le bien-être de leurs collaborateurs dont les intérêts l’emportent toujours sur leurs intérêts personnels.
  • Les leaders éthiques sont justes. Tout d’abord, quand ils prennent des décisions. Mais aussi lorsqu’ils doivent récompenser ou prendre des mesures correctives. Ils ne font pas de favoritisme. Ils s’efforcent d’établir une relation de qualité avec tous les collaborateurs. Cet aspect est abordé dans un article publié dans le HR Topics 3/2020.
  • Les leaders éthiques sont honnêtes. Ils sont authentiques et se montrent tels qu’ils sont. Tout comportement malhonnête, sous quelque forme que ce soit, entraîne une perte d’intégrité et de confiance des collaborateurs. Avec, à la clé, un leadership défaillant. Un article abordant cette problématique a été publié dans le HR Topics 6/2019.
  • Les leaders éthiques œuvrent avec leurs collaborateurs à une communauté forte. Ils veillent à la cohésion et au moral de l’équipe. Ils travaillent avec leurs collaborateurs à atteindre les objectifs qu’ils considèrent être communs. La réalisation de ces objectifs n’est pas la réussite du seul leader, elle est aussi celle de tous les collaborateurs.

Que pense la Défense du leadership éthique ?

La Défense ne laisse planer aucun doute en la matière. Le leadership éthique dans toutes les composantes et à tous les niveaux est LA règle qui ne souffre aucune exception. Le leadership éthique n’est donc jamais relatif pour paraphraser Einstein. Nous invitons les lecteurs à lire ou à relire le document Leading by Example – La Vision du leadership de la Défense . Cette vision détaille ce que les leaders efficaces doivent ETRE, SAVOIR et FAIRE. Morceaux choisis :

  • La Défense veut des leaders qui SONT éthiquement responsables et qui agissent en conséquence. Ils participent ainsi à la création d’un climat éthique.
    En tant que leaders authentiques, ils préservent leur intégrité comme leur bien le plus précieux.
  • Les leaders efficaces SAVENT qu’ils doivent exceller dans les compétences comportementales génériques de la Défense: agir de manière intègre, respecter les autres, faire preuve de loyauté, collaborer et se montrer flexible.
  • Dans ce qu’ils FONT, les leaders efficaces inspirent leurs collaborateurs en donnant l’exemple. Les gens se calquent essentiellement sur ce que les leaders font et non sur ce qu’ils disent. Un comportement exemplaire implique également d’oser se remettre en question, de reconnaître et d’admettre ses propres erreurs, et de travailler ses points faibles en vue de s’améliorer.
    Les leaders efficaces se préoccupent du bien-être de leur groupe. Ils ne veulent pas uniquement atteindre les objectifs communs, mais entendent aussi évoluer et devenir plus performants avec leur groupe.

Nous vous invitons tous à méditer la citation d’Albert Einstein. Avait-il raison? Enfin, qui sommes-nous pour lui donner tort … Nous invitons aussi les dirigeants à réfléchir à leur leadership, en s’inspirant de la citation de Marc Aurèle, empereur (de 161 à 180 ap. J-C) et philosophe romain :

Si ce n’est pas convenable, ne le fais pas; si ce n’est pas vrai, ne le dis pas.

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